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dimanche 18 juin 2017

Plumes inventives

Plumes inventives

Danseuse écrivant (détail)

Pierre Carrier-Belleuse, vers 1890, collection privée



   

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mercredi 20 juillet 2016

La légende de la fée du Lac d’Annecy



... Il était une fois, il y a bien longtemps, un joli petit village situé sur une presqu'île au large de Duingt, sur les rives du Lac d'Annecy. Là, dans ce village, les gens menaient une vie simple et heureuse : les hommes cultivaient la terre, allaient à la chasse et à la pêche, plantaient leur vigne, faisaient leur vin ; quant aux femmes, elles élevaient les enfants en soignant les bêtes et faisaient marcher leur langue, comme il se doit...

Par un beau soir de la Noël, alors que chacun dans les maisons se prépare pour la messe de minuit et apprête la collation du retour, voici que, venant de la montagne toute proche, le Semnoz, apparaît dans la neige qui recouvre la campagne, un étrange équipage : une pauvre vieille toute pliée en deux sur son bâton noueux, accompagnée d'un vieux chien pelé, baveux, galeux. Dans la bise, ils se hâtent vers le village, malgré les éléments déchaînés.

La pauvre vieille pensait qu'il lui serait facile de trouver un asile pour la nuit et la voilà qui arrive à la première maison du village. Dans le pèle (la cuisine), la maîtresse de maison roule la pâte des rissoles (
petits chaussons garnis de pâte de coings, de poires ou de pommes longuement confites au four), les bras enfarinés jusqu'aux coudes. La vieille toque à la porte et la maîtresse de maison d'ouvrir :

- Holà, la vieille, que faites-vous à cette heure ? Les gens honnêtes ne courent pas les chemins le soir de la Noël !
- Hélas, ma bonne dame, je voudrais juste un quignon de pain et un coin de grange pour moi et mon chien ; nous venons du Semnoz et nous sommes fourbus par cette bourrasque...
- Holà ! Passez votre chemin, il n'y pas de place pour vous ici !

Et voilà la pauvre vieille repartie plus loin, toute pliée en deux sur son bâton noueux, accompagnée de son chien pelé, baveux, galeux. Et, à la maison suivante, c'est le maître de maison qui remonte de la cave, chargé d'un beau jambon fumé et de bonnes bouteilles qui accompagneront la collation du retour de la messe de minuit et qui la renvoie aussi rudement. La vieille et son chien repartent encore plus loin.

De maison en maison, tous la renvoient. Même les enfants qui fourbissent les lanternes pour se rendre à l'église, la chassent à leur tour. Partout la mendiante est éconduite et renvoyée sans un regard de pitié, ni un mot de consolation. Lorsque la dernière porte du village se referme sur elle, la pauvre vieille reprend le chemin de la montagne, accompagnée de son vieux chien, pelé, baveux, galeux, en dépit de la bise et de la neige.


 Le Semnoz

Cheminant dans la tourmente, la vieille atteint bientôt la crête du Semnoz. Au loin, tout près de l'étendue scintillante du lac d'Annecy, le village apparaît minuscule. Et déjà, sortant des maisons, les familles joyeuses s'acheminent vers l'église qui accueille les premiers paroissiens, tandis que du clocher s'égrènent les douze coups de minuit. Mais, là-haut dans la montagne, s'opère tout à coup une étrange métamorphose : la pauvre vieille se transforme soudain en une magnifique jeune femme, vêtue d'un manteau d'hermine et le pauvre chien pelé, baveux, galeux devient une splendide bête puissante.

Et la Fée du Lac, car c'était elle, se retourne vers le village en criant :
- Gens méchants, soyez punis comme vous le méritez !

Aussitôt, il se produit un énorme cataclysme, un gigantesque raz-de-marée, qui gonfle les flots, puis les creuse en gouffre où disparaît le village, aspiré dans les sombres profondeurs. Quelques instants plus tard, le lac recouvre à nouveau de ses flots paisibles ce qui avait été un village heureux...

Si un soir de la Noël, vous passez au large de Duingt, vers la Minuit, arrêtez-vous au bord du lac et écoutez... Vous entendrez quelque part, venant de l'onde, sonner les douze coups d'une cloche lointaine. C'est la plainte éternelle et désespérée du village englouti.

Texte auteur anonyme

lundi 11 juillet 2016

Folie douce : dérèglement climatique


Folie douce ou quand le temps se dérègle


Scène 1 Anatole, les mains levées au ciel, se déplace de long en large, un arbre est fortement agité par le vent.


Martin. A quoi joues-tu Anatole ?
Anatole. Tu le vois bien, j’essaie d’arrêter le vent !
Martin. Mais c’est impossible, voyons ! Personne n’a jamais pu.
Anatole. Les hommes ont bien réussi à s’en servir, pourquoi ne pourraient-ils pas l’arrêter ?



Martin. C’est comme si tu voulais empêcher le soleil de se coucher, ce sont des forces qui nous dépassent. Et avec tes faibles mains, que crois-tu faire ?
Anatole. Les druides et les chamans savaient parler au vent, l’apprivoiser. Ils étaient capables de l’apaiser, de lui faire changer de sens.
Martin. Tu crois vraiment à ces contes de nourrice ? Et puis, à quoi cela te servirait-il de maîtriser le vent ? C’est utile aussi le vent.
Anatole. Eh bien, vois-tu, je déteste le vent.
Martin. Alors, si ton vent est sensible, il le sait que tu ne l’aimes pas et il ne se laissera pas faire !
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Scène 2 La scène est vide et il pleut des trombes. Entre Perle.

Perle. Merci Vent de m’avoir apporté soeur Eau ! Il y avait si longtemps que je l’attendais !
Perle tourbillonne sur elle-même, les cheveux dénoués et trempés. Arrive Laudine, courbée sous un parapluie récalcitrant.



Laudine. Quelle averse ! Que fais-tu sous la pluie, sans parapluie : tu vas attraper
mal ! C’est agaçant, ce temps de chien !
Perle. L’eau du Ciel est un don. L’eau, c’est la vie. Elle purifie tout. Fais comme moi, laisse-la te laver.
Laudine. Je déteste la pluie, c’est triste, c’est foid et je suis propre.

dimanche 5 juin 2016

L'orange des merveilles

“La terre est bleue comme une orange” Paul Eluard

Une pomme d’or, au jardin des Hespérides ! Le trésor trouvé près de la cheminée de nos grands-parents, les soirs de Noël ... Un fruit du soleil, une fille de la lumière qui illumine l’hiver.

Bénédicte n’osait pas entamer la belle peau lisse, d’une blondeur rousse.



- Mais si, tu verras, c’est délicieux ! Prends ce couteau bien aiguisé et fais-le glisser en colimaçon tout autour du fruit, l’encouragea son père avec son bon sourire.
- C’est dommage d’abîmer un si beau présent ! Ne pourrait-on pas le conserver ?
- Bien sûr, tu peux garder ce fruit quelque temps, au frais, mais il faudra le goûter avant qu’il ne se gâte.
La petite fille venait de recevoir son premier cadeau de Noël, mais le plus merveilleux, quelques mois avant, cela avait été le retour de son père, du front. Celui de la grande guerre. Il était revenu entier, pas de blessure, de mutilation, il avait seulement été gazé.
A presque quarante ans, il avait été rappelé et affecté aux transmissions, ce qui l’avait mis à l’abri du pire. A présent, il avait retrouvé la vie civile et sa famille et ne parlait jamais de là-bas.
Bénédicte prit délicatement l’orange, la plaça dans un petit panier en osier et la déposa sur une étagère de la cuisine. Elle ne se lassait pas de contempler cette boule exotique, elle n’avait jamais rien vu de si coloré, de si odorant, de si mystérieux...
La nuit, elle l’emportait dans son alcôve et ne quittait pas des yeux la sphère d’or jusqu’à ce que le sommeil la transportât au pays des songes.
Alors, la boule se mettait à tourner, à tourner et à s’élever au-dessus de la chambrette. Elle traversait le toit, tourbillonnait et s’élançait dans l’espace. Bénédicte la voyait grossir à mesure qu’elle s’éloignait. Au-dessus d’elle, plus de plafond mais l’espace, les étoiles, et son orange géante qui tournoyait et filait les rejoindre. Alors, la belle couleur chaude virait au jaune, puis au blanc éblouissant pour se transformer en bleu clair.
Bénédicte battait des mains à ce spectacle. Comme elle aurait aimé se raccrocher à sa petite planète, devenue bleue, et découvrir avec elle les espaces infinis, s’élever dans les nues !
Le matin, elle retrouvait son petit soleil, bien gentiment couché à côté d’elle.
- C’est normal de te reposer après une telle course ! pensait la petite fille.

Quatre-vingts ans s’écoulèrent, les oranges étaient devenues denrée courante et sous les sapins de noël enguirlandés, elles n’avaient plus leur place, trop ordinaires ! Les jeux vidéo, les scooters miniature les avaient remplacées.

La petite Bénédicte était devenue une vieille dame et elle regardait toujours le ciel, la nuit, pour voir si son étrange boule d’or persistait à valser dans l’espace.

- Vous savez, madame, votre mère ne va pas vivre longtemps, elle a toute sa conscience, bien sûr, mais elle n’en peut plus de ce respirateur : la nuit, on est obligé de lui attacher les mains pour éviter qu’elle ne l’arrache.
Au creux de l’oreiller, le même visage plein de douceur, un sourire léger et les mains qui voltigeaient pour exprimer un message que les lèvres ne pouvaient plus transmettre. L’avant-dernier jour, un doigt tremblant désigna la fenêtre bien fermée, comme dans tout service de réanimation.



- Tu veux que j’ouvre la fenêtre, c’est bien cela ?
Les yeux se fermèrent pour acquiescer. Je me dirigeai vers la baie, prête à faire jouer la crémone.
- Que faites-vous ? Vous n’y pensez pas ! Nous sommes en atmosphère stérile : vous ne devez toucher à rien ! s’indignait une aide-soignante.
Les pauvres yeux clignèrent, résignés, et le gentil sourire coupable réapparut.
Alors, le doigt fragile dessina dans l’espace un cercle et s’agita comme pour le pousser vers le haut. Je regardais de tous mes yeux pour comprendre la signification de ce geste. Le même dessin se renouvela, le même mouvement de voltige jusqu’à ce que le doigt épuisé retombât sur le drap, comme un papillon foudroyé.
Ce jour-là, à l’heure de la visite, j’apportai une balle, une boule de noël, une pomme, une bille et une orange que je montrai à ma mère à tour de rôle. A la vue de l’orange, ses yeux presque éteints s’animèrent et elle avança sa main qu’on venait de libérer de ses liens. Je lui glissai le fruit dans la paume et l’aidai à le soutenir. Un sourire de ravissement se dessina sur ses lèvres desséchées et elle tenta d’ouvrir les doigts comme pour projeter l’orange dans l’espace. Elle suivit du regard une trajectoire qui semblait bien réelle. Je ne pus m’empêcher de regarder aussi et ce que je vis me fit douter de ma raison. Le plafond blanc de l’hôpital s’était métamorphosé en ciel limpide et une drôle de petite sphère dorée s’élevait très vite, tournait, tournait, grossissait, grossissait, se chargeait de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, devenait bleue comme pour se fondre dans l’azur de ce ciel de printemps. Je vis alors se dessiner la forme d’une petite fille qui riait et battait des mains en dansant de joie sur sa planète bleue.



Je reportai mon regard sur le lit : la main s’était relâchée, les yeux avaient définitivement chaviré dans un sourire d’extase et l’orange avait disparu....

Céline , hommage à ma mère.

jeudi 26 mai 2016

Le Petit Prince est à Lyon



Présence clandestine

Statue en bronze de Saint-Exupéry et du Petit Prince 
au sommet d'une colonne en marbre, place Bellecour
par Christiane Guillaubey.

- Dis, monsieur, s’il vous plaît, montre-moi ta ville.
- Tu sais, c’est bien loin d’ici.
- Et si tu répares ton avion, tu voudras m’y conduire, dis ?
- Je n’y connais plus personne et ce serait pire que ce désert pour moi, mon petit bonhomme.
- On pourrait juste regarder et ne pas se faire voir.
- Si tu veux mais il reste du travail pour faire voler mon avion.
- Je suis très patient. Tu dis qu’ici le temps n’existe pas.
- Eh oui, le temps, petit Prince, c’est juste une illusion.

Alors, ils sont partis, tous les deux, dans le petit avion et ils ont volé longtemps, longtemps. Ils ont traversé la grande mer qui brillait et sont arrivés au-dessus de Lyon. Ils ont tourné, tourné. Ils ne savaient où se poser. Et tout était tellement grand et peuplé ! 

Lyon, place Bellecour, Sant-Exupéry est né dans le grand bâtiment au fond de la place, à droite.

- Tu la vois, ta place, dis, monsieur ?
- Oui, elle est toujours là, on dirait. Penche-toi un peu, c’est ce carré rose
- Et ta maison ? Tu la trouves aussi ?
- Elle a changé de couleur, mais elle est encore debout, au coin de la place Bellecour. Ici, tu vois ?
- Et si on se posait ?

Depuis, sur la place à l’écart, côté ouest, a poussé une drôle de colonne de marbre blanc. Elle est haute. C’est un bon poste d’observation. Les passants ne pensent pas à lever la tête. Ils sont bien tranquilles tous les deux. Tout de même, il ne fait pas chaud, perchés là haut, incognito. Antoine est assis, les jambes dans le vide, le col relevé et les mains dans les poches. Son casque et ses lunettes sur la tête, il observe sa ville. Le dos tourné à sa maison, il semble mélancolique. Le petit prince, lui aussi, frissonne un peu, cheveux bouclés au vent. Il est debout, la main droite dans la poche, la gauche posée tendrement sur l’épaule droite de son père adoptif. Sa longue écharpe lui est bien utile. Avec ses petits yeux en boutons de bottines, quelle mine espiègle ! Ils ont l’air d’être en bronze tous les deux et ce n’est même pas vrai. Christiane Guillaubey le sait bien, elle qui les a sculptés. Peut-être que la rose les rejoindra et ils resteront là, discrètement et pour toujours.

Céline Roumégoux

vendredi 13 mai 2016

Une nouvelle lyonnaise




Le capucin de Saint-Jean

Moine par Francisco de Zurbaran (1598–1664)


         - C’est vrai, répéta-t-elle, en ouvrant les yeux très grand.
         - Oh, mais je n’en doute pas ! persifla Daniel son mari. Surtout, écarquille bien les yeux pour m’en convaincre !
         Le problème avec Clotilde, c’était que le mensonge était, pour elle, une seconde nature. Elle mentait comme elle respirait, sans même s’en rendre vraiment compte.
- Ma fille, le jour où tu diras la vérité, personne ne te croira, lui avait prédit sa mère.
          Et ce jour était arrivé.
        
         Ce jeudi-là, elle avait flâné dans le vieux Lyon. Les boutiques y avaient un charme suranné. Les cours intérieures à l’italienne invitaient au dépaysement, à deux pas du vieux Palais de Justice néoclassique, avec ses colossales colonnes de pierre. Ce n’était pas la saison touristique, d’ailleurs la capitale des Gaules ne cherche pas à attirer les touristes, sauf peut-être pour la fête des lumières, le 8 décembre. Les ruelles et les traboules étaient donc presque désertes. Elle alla jusqu'à la Primatiale Saint-Jean, qui domine la Saône de ses tours de plus de quarante mètres et, poussée par une drôle d’impulsion chez une athée, y pénétra. Ce lieu chargé d’Histoire avait la solennité lyonnaise, faite de froideur et d’élégance austère. Henri IV y avait épousé Marie de Médicis, le 13 décembre 1600, des conciles s’y étaient tenus, la dépouille de Saint Louis y avait été accueillie, Napoléon qui appréciait beaucoup les Lyonnais était venu s’y recueillir. Elle s’approcha du chœur et s’arrêta au croisillon du transept nord pour y admirer la magnifique horloge astronomique médiévale. Il était 14 heures et les automates qui la surmontaient, représentant l’Annonciation, se mirent en branle tandis qu’une sonnerie jouant l’hymne de Saint Jean retentissait. Un coq battant des ailes acheva la parade. Clotilde, émerveillée comme une enfant devant cette boîte à musique géante, ne remarqua pas tout de suite la silhouette sombre, immobile sur sa gauche.

L'horloge astronomique de la Primatiale Saint-Jean à Lyon est l'une des plus anciennes d'Europe (1379).
       
- Tout finira en 2019, chuchota une voix caverneuse.
         Clotilde se retourna pour faire face à une sorte de pénitent gris encapuchonné qui baissait la tête. Cette apparition insolite l’effraya et elle s’écarta vivement.
         - Voyez vous-même, l’almanach ecclésiastique s’arrête à cette année-là, précisa la voix sourde.
         Clotilde ne savait que dire ni que faire. Elle ignorait même où était indiqué cet almanach sur l’horloge et n’avait aucune envie de le demander à ce fantôme. Elle s’éloigna sans un mot pour rejoindre la sortie. Il ne lui sembla pas être suivie et elle éprouva un choc, lorsque arrivée près du seuil, elle se sentit effleurée à la manche. La même voix sépulcrale murmura dans son dos :
         - Souvenez-vous, 2019, pas un an de plus …

mercredi 27 avril 2016

Entretien fictif avec Voltaire

Des considérations sur les mœurs, les idées et autres perceptions, 
    en compagnie de Monsieur de Voltaire





- Vous m’avez mandé, Madame ? Je suis votre humble serviteur.
 
- Votre courtoisie, Monsieur de Voltaire, n’a d’égale que votre bel esprit.
 
- Parlons sans badiner, vous m’avez soustrait à mes occupations, à la demande d’un de vos amis de l’empire du Maroc, pays que j’ai bien loué dans mon "Essai sur les mœurs".
 
- Aujourd’hui, le Maroc est un royaume, voyez-vous, mais les Français y avaient mis provisoirement le pied au XXe siècle et les Marocains, depuis, sont encore un peu intéressés par la culture française et surtout par vous, Monsieur de Voltaire.

- Un royaume, dites-vous, c’est bien étrange, je me souviens que ce pays fut le premier à reconnaître l’indépendance de la jeune république des États-Unis en 1776 ! Mais, après tout, vos républiques ne sont pas aussi admirables que nous l’espérions au temps des Lumières, comme vous dites.
 
- Si nous parlons politique tout de suite, la discussion risque d’être vive, ne pensez-vous pas ?
 
- Auriez-vous perdu le goût de la dispute au sens où nous l’entendions en mon siècle ?
 
- Non pas, Monsieur, bien au contraire, les Français ne parlent que de cela. A peine ont-ils élu un président qu’ils se demandent qui sera le prochain.
 
- Oui, c’est pour cela qu’un roi libéral évite ce genre de supputations.
 
- Un roi en France au XXIe siècle ? Vous n’y pensez pas, Monsieur, ces traditions n’ont plus cours chez nous depuis votre époque et la Restauration, après la Révolution, n’a pas duré. Les rois libéraux, comme vous dites, devinrent des despotes au service des financiers. La République, c’est encore le système le moins mauvais qu’on ait trouvé.
 
- L’argent, c’est bien toujours par là que pèchent toutes les nations de toutes les époques et de tous les régimes ! Nous avions cru que favoriser le commerce et l’industrie apporterait la prospérité et avec elle le bonheur et même la vertu !




samedi 30 janvier 2016

Pour souhaiter un anniversaire d'hiver

Solstice d'hiver



Solstice d'hiver, brouillards des petits matins
N'incitent pas à braver tôt les grands frimas.
Bains parfumés, savons odorants, lavandin,
Favorisent l'éveil et assurent nos pas.




Lavande odorante, petit clin d’œil d'été
Soleil balayant le bois gonflé par les ans
Natte de paille tressée et bougie allumée,
Crevasses du bois, signes d'outrages du temps. 


 


de  Josseline de Bourgogne
Dédié à

Cœur
Enthousiasme
Lumière
Intensité
Nirvana
Eclat


lundi 14 décembre 2015

La femme derrière le rideau (une nouvelle médiévale)

La femme derrière le rideau  

Nouvelle sur une femme  exceptionnelle

de la fin du Moyen-Age :

Novella d'Andrea

Voir ICI


 Novella d’Andrea par Marie-Eléonore Godefroid (1778-1849), artiste peintre française

lundi 30 novembre 2015

Le message de l'eau de Eliane Mévouillon, récit

Le message de l’eau


                                                                                    Lac de Côme (Italie)



C’était un jour de novembre, ici …
Un enfant, comme tous les enfants, donnait quelques miettes aux canards du lac de pêche.
Son père tricotait et sa mère titillait le poisson.
Non, c’est tout le contraire, mais qu’importe, le petit jouait et regardait tout de ses yeux innocents.
Le lac, immense, à l’eau transparente, faisait de ses ondes dociles sa vie, sans parler.


Et pourtant…
 

Quelques oiseaux, dans les herbes hautes, donnaient à l’espace leurs chants mélodieux.
Rien ne bougeait.


Et pourtant…